Pourquoi deux listes de prix ne se comparent pas telles quelles
Sur le papier, comparer deux offres revient à poser deux prix côte à côte. En pratique, les deux lignes parlent rarement de la même chose, dans la même unité, au même moment :
- La référence diffère. « JBL GO Essential 2 » chez l'un, « GO Essential 2 » chez l'autre : une RECHERCHEV sur la référence exacte ne rapproche plus rien.
- La devise diffère. Un prix en dollars, un autre en livres, un troisième en euros.
- L'incoterm diffère. Un prix départ usine ne contient ni le transport ni les droits de douane ; un prix DDP contient les deux.
- Le conditionnement diffère. Une pièce à l'unité, un lot de deux, un carton de vingt.
- La date diffère. Une offre de juin et une offre de septembre ne décrivent pas le même marché.
Chacun de ces écarts suffit à fausser la comparaison, dans un sens comme dans l'autre. La méthode tient en cinq étapes.
1. Mettre chaque liste dans la même forme
Avant toute comparaison, chaque ligne doit porter les mêmes champs, quelle que soit la mise en page du fournisseur : référence, désignation, coloris, prix, devise, incoterm, conditionnement et code-barres (EAN). Gardez aussi, pour chaque ligne, le fichier et le numéro de ligne d'où elle vient : le jour où un prix surprend, c'est la seule façon de remonter à la source.
Les offres reçues par WhatsApp ou dans le corps d'un e-mail passent par la même étape. Une ligne de message est une ligne de liste de prix comme une autre, et elle mérite la même rigueur.
2. Rapprocher les références d'un fournisseur à l'autre
Le code-barres EAN est la meilleure clé de rapprochement : il identifie un produit, et un seul. Quand il manque, il faut une clé de modèle stable, débarrassée de ce qui varie d'un fournisseur à l'autre : la marque répétée ou non, l'ordre des mots, les espaces, la casse.
Deux précautions avant de faire confiance au rapprochement :
- Le coloris. Chez un même fournisseur, quelques pour cent d'écart entre le noir et le bleu d'un même modèle, c'est un lot de production ou un effet de change. Au-delà, c'est une question à poser avant de comparer.
- L'EAN lui-même. Un code-barres porté par deux produits différents est une erreur de saisie du fournisseur. Vu sur une offre réelle : une clé USB de 64 Go et une de 128 Go sous le même EAN. Rapprocher sur ce code, c'est comparer deux produits différents.
3. Convertir dans une seule devise, avant de comparer
Comparer 112 à 108, c'est comparer des chiffres, pas des prix. Sur deux offres réelles, 112 USD chez un fournisseur contre 108 GBP chez l'autre ne faisaient que 3,6 % d'écart en chiffres bruts : rien d'alarmant. Une fois les deux convertis en euros, l'écart réel était de 23,8 %, soit 28 € la pièce.
Convertissez avec votre taux, celui que votre banque vous applique, et avec le même taux pour toutes les offres d'une même devise. Sinon, une variation de change se fait passer pour une hausse de prix, ou la masque.
4. Comparer des coûts rendus, pas des prix catalogue
Un prix fournisseur n'est pas ce que la pièce vous coûte. Ce qui compte, c'est le coût rendu : le prix converti, plus les frais (assurance, change, frais bancaires), les droits de douane et le transport jusqu'à votre entrepôt. L'incoterm dit ce qui est déjà compris dans le prix :
| Incoterm de l'offre | Transport | Droits de douane |
|---|---|---|
| EXW, FCA, FAS, FOB | à ajouter | à ajouter |
| CFR, CIF, CPT, CIP, DAP, DPU | compris | à ajouter |
| DDP | compris | compris |
Oublier cette ligne coûte cher : sur deux offres réelles, un prix FOB Shenzhen comparé tel quel à un prix DDP Hambourg faisait paraître l'offre DDP plus chère d'une bonne vingtaine de pour cent, alors qu'elle contenait déjà le transport et les droits. Notre calculateur de coût rendu fait le calcul pour une ligne, avec les mêmes règles que Merconto.
5. Comparer à conditionnement égal, et à date égale
Ramenez tout au prix par pièce. Une offre au lot de deux paraît deux fois plus chère qu'une offre à l'unité, et un carton de vingt n'a pas le même coût de transport par pièce qu'un produit expédié seul. Si deux fournisseurs ne conditionnent pas pareil, notez-le à côté du prix : c'est une comparaison à faire à la main, pas à laisser passer.
Datez ensuite chaque offre. Une liste de prix a une durée de vie : la comparer à une offre de trois mois plus tôt, c'est comparer deux marchés. Gardez chaque version, avec sa date : c'est ce qui permet de voir, à la liste suivante, ce qui a augmenté, ce qui a baissé et ce qui a disparu. Le guide suivre les hausses de prix part de là.
Même produit (EAN vérifié, coloris compris) ? Même devise, au même taux ? Même incoterm, ou coûts rendus calculés ? Même conditionnement, prix par pièce ? Offres de la même période ? Aucune mention du type « non destiné à l'UE » sur la ligne la moins chère ?
Six oui, et l'écart est réel. Un seul non, et il faut le lever avant de négocier.
Au-delà du prix
Le moins cher n'est pas toujours le meilleur achat. Regardez aussi la quantité minimale de commande, la disponibilité annoncée, et surtout les mentions de restriction de vente : un prix bas assorti d'une interdiction de vente sur votre territoire n'est pas comparable, il est hors jeu. Une restriction qui disparaît d'une version à l'autre d'une même liste mérite, elle aussi, une question au fournisseur.