1. Lire l'offre telle qu'elle est
Première règle : ne rien retaper. Chaque ressaisie ajoute ses propres erreurs à celles du fournisseur. Partez du fichier reçu, ou du message tel quel, et donnez à chaque ligne les mêmes champs : référence, désignation, coloris, prix, devise, incoterm, conditionnement, code-barres.
Gardez pour chaque ligne le fichier et le numéro de ligne d'où elle vient, et datez l'offre. Une offre sans date ne se compare à rien, et une ligne sans origine ne se vérifie pas.
2. Calculer le coût rendu de chaque ligne
Le prix fournisseur n'est pas le prix d'achat. Pour chaque ligne, convertissez avec votre taux, ajoutez les frais, les droits de douane et le fret selon l'incoterm : c'est le coût rendu, ce que la pièce vous coûte une fois chez vous. Notre calculateur de coût rendu détaille chaque étape.
Méfiez-vous des valeurs par défaut. Un fret appliqué « faute de mieux » à une petite pièce peut tout fausser : sur une offre réelle, une carte SD de 2 Go rangée par défaut dans une classe d'encombrement trop grosse voyait son coût rendu surestimé de 104 %. Une valeur par défaut n'est pas une faute ; la taire en est une.
3. Vérifier que la pièce se revend
Une pièce bon marché qui ne se revend pas n'est pas une affaire. Le repère, c'est le prix public : ce que paie le client final en magasin. Entre ce prix et votre coût rendu, votre client revendeur doit garder sa marge. D'où un plafond :
Plafond revendeur = prix public TTC ÷ 1,2 × 0,77
Le prix hors TVA à 20 %, moins 23 % laissés au revendeur. Un casque affiché 89,99 € en magasin donne un plafond de 57,74 €.
Le verdict se lit alors ligne par ligne :
- Viable le coût rendu passe sous le plafond, avec de la place pour votre marge.
- Tendu ça passe, mais la marge restante tombe sous 6 % : à négocier avant de commander.
- Non viable le coût rendu dépasse le plafond, ou la marge minimale par pièce ne tient pas dessous.
- Sans repère aucun prix public fiable : le coût rendu est calculé, la revente n'est pas vérifiable.
Ce dernier cas compte plus qu'il n'y paraît. Sur deux offres réelles, 33 lignes ressortaient « viables » alors qu'aucune des 24 références n'avait de prix public relevé : un verdict sans repère n'est pas un verdict. Pour le prix public, Merconto retient la médiane des cinq offres neuves les moins chères sur Google Shopping, et ne publie rien en dessous de cinq marchands (formules Pro et Business, et pendant l'essai).
4. Chercher les erreurs dans la liste
Les listes de prix contiennent des erreurs, et pas qu'un peu. Sur trois de ses propres offres, le fondateur de Merconto en a relevé à la main neuf sortes, dont un écart de 45 % sur la même référence entre deux fournisseurs. Voici ce qu'il faut chercher :
| Ce qu'on cherche | Pourquoi ça compte |
|---|---|
| Devise absente | un prix sans devise ne veut rien dire : 100 en dollars ou en livres, ce n'est pas le même prix. |
| Code-barres absent ou faux | sans EAN valide, la référence ne se rapproche pas des autres offres et son prix public ne se retrouve pas. |
| Même EAN, deux produits | vu sur une offre réelle : une clé USB de 64 Go et une de 128 Go sous le même code. L'une hérite du prix public de l'autre. |
| Prix recopié | deux modèles différents, l'un sous l'autre, au même prix : souvent un copier-coller du fournisseur. |
| Coloris au prix incohérent | le même modèle plus cher en bleu qu'en noir, au-delà de 5 % : une question à poser. |
| Gamme incohérente | une capacité inférieure plus chère qu'une supérieure de la même gamme : la 128 Go au-dessus de la 256 Go. |
| Restriction de vente | « not for EU », « export only » : une ligne interdite de vente sur votre territoire. |
| Conditionnement différent | unité, lot ou carton : deux offres qui ne se comparent pas pièce à pièce. |
| Écart entre fournisseurs | la même référence plus de 5 % plus chère qu'ailleurs, une fois tout converti en euros. |
| Au-dessus du marché | un coût rendu supérieur au plafond revendeur : la ligne ne se revend pas. |
| Deux versions qui divergent | entre la liste initiale et la liste reçue : un prix apparu sur une case vide, un montant modifié, une restriction disparue. |
Une règle, surtout : signaler, jamais corriger en silence. Corriger soi-même une ligne douteuse, c'est remplacer une erreur par une supposition. La ligne se signale, et se vérifie avec le fournisseur. Et pas d'alerte pour rien : quelques pour cent d'écart entre deux coloris, c'est un lot ou un effet de change, pas une incohérence. Une fausse alerte use l'attention qu'il faut aux vraies.
5. Décider, ligne par ligne
Une offre ne se prend ni ne se refuse en bloc. Triez les lignes par verdict : commandez les viables, négociez les tendues, posez vos questions sur les lignes signalées, et regardez si un autre fournisseur vend moins cher les non viables. Le guide pour comparer des tarifs fournisseurs détaille cette dernière étape.
Quelle devise pour les lignes qui n'en ont pas ? Quel code-barres pour la ligne 17 ? Pourquoi ce coloris est-il plus cher ? Cette mention « export only » vaut-elle pour la France ? Ce prix est-il valable pour quelle quantité, et jusqu'à quand ?